5 holy-days in Paris

Certains bénissent cette semaine comme un bon mot de Nabila. Parce que la France est toujours libérée et que, pour fêter ça, Jésus est monté directement au ciel auprès de son papa ? Non, parce qu’en posant trois jours de congés, on a neuf jours de vacances. Vive la France.

Mais tous ne font pas le pont de Jintang (un très grand pont) et certains doivent continuer à faire marcher l’économie de la France pendant que 95% de la population part sous d’autres nuages se la couler douce.

Jour 1

Le premier jour est de loin celui qui excède le plus ceux qui ne partent pas. Entre les mecs avec des valises qui se ruent vers les gares et les aéroports et les fourbasses sur Facebook qui t’annoncent toute la journée qu’ils sont « dans le train ou l’avion » et que oulala vraiment c’est relou hein tous ces fourbasses avec eux « dans le train ou l’avion », ça donne de douces envies de meurtre.

Jour 2

photoTu t’aperçois que ceux qui sont laissés sur place sont les vieillards désorientés qui en profitent pour passer la journée à faire la queue au Franprix, les clodos qui en profitent pour s’allonger au milieu de la rue et les gens que tu n’as pas envie de voir qui en profitent pour te coincer parce qu’ils savent que tous tes vrais amis t’ont abandonné.

Jour 3

Il y a de l’amour partout. Comme personne ne te bouscule de la journée et ne t’agresse dans les magasins, tu ouvres grand tes bras à ton prochain. La fenêtre béante toute la journée, tu mets la musique à fond pour mieux danser et chanter à tue-tête avec tes voisins de l’immeuble d’en face. Dans le métro aussi il y a de l’amour : des ados se roulent des pelles à l’ancienne (c’est-à-dire avec un déficit de technique évident) sous le nez de tout le monde et tu es tellement attendri que tu te moques allègrement d’eux avec tes voisins de rame. Le soir, dans les bars de ton quartier, tu deviens meilleur copain avec tous les piliers de bar et vous vous payez des coups toute la soirée, enfin surtout toi. Que du bonheur.

Jour 4

férié paris vide i'm a legendCeux qui bossaient le vendredi sont partis rejoindre leur famille pour le week-end et tu te retrouves comme Will Smith dans I’m legend. Sauf qu’à la place des zombies, ce sont des vieux qui marchent à deux à l’heure en te jetant des regards furibonds et en grommelant des trucs incompréhensibles avec un peu de bave aux coins des lèvres. Tu en profites pour aller faire un footing tout seul dans les rues désertes à la recherche d’un signe de vie d’une personne de moins de 70 ans.

Jour 5

metro velo fériéLa notion d’espace est complètement remise en cause : on moon-walk au milieu des routes, on fait du vélo dans le métro, de la capoeira sur les places de parking libres. Ton rythme cardiaque est tellement bas, tes nerfs tellement peu sollicités depuis cinq jours que tu fais des baisses de tension dangereuses. Il est temps que lundi revienne avec sa mauvaise humeur providentielle et son lot de pieds écrasés.

Genius tip : 100e post et presque 2 ans. Merci à tous ceux qui ont tenu le coup jusque-là, qui ont eu la bonté de lire et d’encourager cet ineptie de blog.

Si vous aimez les caves obscures et basses de plafond, les réunions avec des inconnus dans des endroits confinés et les blagounettes, le Paname Art Café est fait pour vous. Tous les soirs c’est blague, sur blague, sur blague, sur blague… sur blague. Et cela au prix d’une bière. De toute façon, comme il fait chaud dans le bunker anti-atomique qui abrite la scène, sous le café, mieux vaut prendre de quoi se désaltérer. Tous ces hommes qui se lancent à l’assaut de vos rires (oui, l’humour est encore souvent l’apanage des hommes, car les femmes ont juste besoin d’avoir des seins pour avoir du sexe), vous ne les connaissez pas encore, mais ce sont les étoiles montantes du stand-up : le Paname est un peu l’avant-scène du Comedy Club.

21296_10151664559514783_142512348_nDans la lignée de la New York Comedy Night, plusieurs anglophones squattent la scène, notamment le mardi avec la French Fried Comedy night où plusieurs comiques en herbe (dont l’hilarant Luke Thompson) se succèdent. Le samedi, à l’heure sainte de l’apéro, officie le franco-français Pierre Gaspard qui, pour d’obscures raisons et probablement pour faire se pâmer les petites Américaines de la capitale, fait son show en anglais. Bien qu’il refuse d’admettre sa parenté avec Christian Bale et la véritable couleur de ses cheveux, il n’hésite pas à confesser, avec humour et énergie, les grands moments de honte de sa courte existence. Ce qui permet de mettre nettement en perspective la tourista collective de vos vacances en Inde. Oh merci catharsis.

Genius tip : Si vous voyez dans la salle des gens qui ont l’air de rire quand ils se brûlent, c’est sûrement qu’en fait ils ne comprennent rien. En gros, si vous ne pouvez pas regarder un épisode de The Office sans sous-titres ou si votre anglais se limite à commander un Fish&chips, vous allez avoir du mal. But it’s still a nice way to improve your english!

Fat forever

Ne nous faisons pas d’illusions et arrêtons d’espérer vainement : c’est fini, il ne fera plus jamais beau. Le temps grisâtre, les 14°C et la grêle sortie de nulle part, maintenant, c’est pour toute la vie. Donc autant renoncer définitivement au régime post-Pâques pré-maillot de bain et continuer à s’empiffrer de trucs qui tiennent au corps comme à la veille d’une guerre mondiale.

Voilà, l’excuse est toute trouvée pour aller chez Clasico manger des empañadas, ces beignets argentins fourrés à plein de trucs, sans culpabilité et dans un gros pull bien large. Cette mini-chaîne de deux restaurants, implantée dans le Marais, t’encanta las papillas como un arco-en-cielo de gustos (mais n’essaie pas de leur parler espagnol pour te la raconter, le serveur s’appelle Jean-Yarone). Un choix sympathique pour te remplir la panse et te réchauffer le cœur. Pour te donner bonne conscience, glisse donc entre tes six empañadas quelques feuilles de la bonne salade mixte.

Genius tip : ne te fais pas livrer, c’est l’arnaque totale. Déjà, il ne faut pas habiter trop loin des restos pour avoir le droit à ce service, donc autant lever ses fesses. En plus, c’est pour un minimum de 30€, donc autant se payer un resto et ne pas avoir à faire la vaisselle.

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Monceau, un parc qui vous veut du bien

En ce beau samedi de mars, tu sors l’âme en fête et le pied léger, en pull et en lunettes de soleil, renouer avec la nature verdoyante et les petits oiseaux du parc Monceau. Seulement voilà, le parc Monceau te fait subtilement comprendre que tu es un peu à côté de la plaque :

1. Non mais allô quoi, t’as pas d’enfants ?

Le petit être baveux emmitouflé dans sa poussette est l’accessoire in-con-tour-na-ble de ce début de printemps 2013. La poussette donne une contenance quand on se balade sans but dans les allées et sied à merveille au nouveau papa qui peut l’utiliser comme déambulateur pour mieux masquer les effets de la cuite de la veille. Le parc Monceau, en moyenne 1 poussette pour 5 personnes, t’explique donc gentiment que si tu n’as pas d’enfant sur roulettes ou de bébé quelque part sur ou dans ton ventre, il va falloir rapidement se mettre à la page.

2. Non mais allô quoi, tu bouges pas ta graisse ?

Le deuxième foyer de population du parc Monceau est les coureurs qui, la jambe vaillante et la joue rose, font trembler de honte tes bourrelets d’hiver. Tant de dynamisme te fait culpabiliser de ta mollesse légendaire et enrobée de bons petits plats. Et le parc Monceau remue le couteau dans la graisse et te montre qu’il va falloir éventuellement commencer à peut-être envisager de te bouger les fesses.

3. Non mais allô, vous me recevez quoi, t’es pas poète ?

Ceux qui sont vautrés en solitaire dans l’herbe sont tous plongés dans un carnet, en train de composer avec fièvre l’œuvre magistrale qui se refuse à sortir de ton cerveau. Toi, tu erres tel un veau et eux sont inspirés par la nature renaissante. Ils créent, ils composent, ils papillonnent de l’intérieur. Le parc Monceau s’inquiète aussi du ramollissement de ton cerveau et te demande de bien vouloir la prochaine fois avoir de quoi prendre des notes sur le sens de la vie.

4. Non mais allô, allôôôôô, t’es pas passé chez The Kooples ?

Tu sortais de chez toi sans penser à mal avec un jean de l’année dernière et une petite veste qui ne paye pas de mine. Comme tu vis dangereusement ! tu as bien failli te faire refouler à l’entrée du parc. Le parc Monceau te regarde de travers et tout le monde se demande pourquoi, puisque tu es habillé comme un sac, tu n’es pas en train de courir. La vitesse permettrait au moins de cacher ces ongles pas rougis. Le parc Monceau te colle la honte, mais tu l’as bien cherché.

Genius tip : Ne laisse pas le parc Monceau faire de toi un clone boboisant et accessoirisé, hausse les épaules, allonge-toi dans l’herbe encore boueuse et profite du soleil qui t’aime comme tu es.

parc monceau paris marie messager

Itsi bisti, tiny, weeny, tout petit, petit…

Devant l’église de Boboland (aka celle des Batignolles), au cœur du 17e, se trouve un restaurant appelé Le Tout petit. Pourquoi ? Diantre, parce qu’il est très petit. Si petit d’ailleurs qu’il n’y a pas de cuisine à proprement parler. Inquiétant ? Un peu, parce qu’on se demande d’où sort la nourriture servie. Mais pas tant que ça car cette nourriture est fort délicieuse, et tout le monde sait que quand c’est bon (et qu’on n’a pas de crampes d’estomac), on se fiche pas mal de savoir d’où ça sort. La preuve, le resto chinois : tout le monde continue d’y aller alors que tout le monde sait que les nems sont roulés dans le caniveau. Idem avec les steaks Findus que tout le monde achetait allègrement sans savoir que c’était du cheval bicentenaire.

Bref, entre la saucisse de Morteau, les planches de charcuterie, les lasagnes, le tartare et la tartine de rosbeef, on a de quoi se régaler la papille. Les jolis serveurs et la vaisselle de grand-mère, pour la touche nostalgique, régalent l’œil. L’ambiance chaleureuse, au coude à coude avec les voisins, régale la soif très très enfouie du Parisien de nouvelles relations sociales.

Genius tip : Les lecteurs de 100 trucs à faire à Paris savent déjà qu’ici on ne badine pas avec la mousse au chocolat et que peu de restaurants arrivent à en présenter une correcte. PFJTCH*, celle du Tout petit est divine avec, saupoudrée par-dessus, sa Gavotte broyée à la main avec amour.

*Praise Fuckin’ Jesus, That Crazy Hippie

Le festival du droit d’être moins bête

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Si tu as déjà vu Django et que le cinématoscope n’a plus rien à t’offrir, si tu a renoncé au sport comme toute personne saine d’esprit, si tu commences à avoir honte de regarder The Voice tous les samedis soirs, rend-toi ce week-end au Festival international du film des droits de l’homme de Paris.
Ok, le nom n’est pas glamour et un peu long à retenir, mais c’est la parfaite occasion de regarder un peu ce qu’il se passe au-delà du périph à travers une belle sélection de documentaires sur le monde tel qu’il est. Souvent assez vilain, parfois drôle et touchant et malgré tout plein d’espoir.
C’est jusqu’à mardi, c’est pas cher et c’est passionnant.
Infos ici.

Genius tip : Avant d’emmener ta douce bruncher dans le Marais dimanche, conduis-la voir 12th and Delaware, un doc fabuleux sur le droits à l’avortement : 1. Tu passeras pour un intello sans avoir besoin de lunettes, 2. Tu auras l’air d’être sensible aux droits des femmes, 3. Tu feindras d’être un sensible en versant ta larme, 4. Et tu auras un beau sujet de conversation au cas où tu ne saurais plus quoi lui dire, à ta blonde.

Quand le Pathé Wepler te prend pour un pigeon

Maintenant, même au ciné, vous pouvez montrer au peuple que vous gagnez plein d’argent et être certain de tenir ses sales pattes calleuses loin de vous. Grâce au Pathé Wepler, on réinstaure le système de classes. Comme au bon vieux temps où le métro n’était pas un lieu où on se bousculait en toute égalité et fraternité, le cinéma à décider de séparer les torchons des serviettes et de vous extorquer 2€ en plus de votre ticket habituel (déjà 11,20€, 13,20€ si vous avez l’outrecuidance de voir un film en 3D), pour un soi-disant « siège premium » qui vous fera vous sentir le roi du monde. Bref, le droit de vous asseoir aux meilleures places de la salle dans des sièges flambants neufs, inclinables à grand bruit.

À la caisse ils vous feront craindre que si vous ne déboursez pas ces 2€, vous vous retrouverez comme un pauvre mendiant dans le caniveau et que vous perdrez votre droit à voir correctement l’écran (ce qui, au temps de jadis, semblait un droit acquis quand on arrivait à l’heure au ciné…). Et puis, comme c’est la salle 1, qui tire uniquement son prestige de s’appeler « salle 1 », on vous rackette tranquillement 1€ supplémentaire. C’est de bonne guerre, un pigeon est fait pour être plumé.

Sauf qu’un infâme gendarme en gilet jaune ne contrôle pas à chaque séance où vous posez votre céleste séant. Le Pathé Wepler ne connaît-il pas la docilité légendaire du peuple franc ? Vous risquez donc fort, quoiqu’il en soit, de vous retrouvez avec votre famille nombreuse et votre séance à 60€ à vous asseoir au premier rang, dindon de la farce.

Ce racket est-il un moyen vicieux de pousser les gens vers l’abonnement, donc l’engagement, donc l’assurance de vous prendre des sous même si vous ne remplissez pas les salles ? Est-on juste là pour leur rembourser leurs nouveaux sièges dont tout le monde se fout ? Dans cette logique, doit-on s’attendre à ce que les abonnés à la carte Gaumont, donc ceux qui déboursent le moins par séance, soient estampillés « intouchables » et, même plus dignes d’un siège, condamnés à s’asseoir sur les marches en grignotant les restes de pop-corn tombés par terre ? Pourquoi est-ce le seul cinéma de Paris à vous fouiller comme un terroriste en goguette ? Bref, au Pathé Wepler, on nous signifie tellement qu’on n’est bon qu’à payer, qu’on a juste envie de se mettre à télécharger.

Genius tip : Désobéissance civile, mode d’emploi : 1. Ne payez jamais ce supplément du diable. 2. Continuez à vous asseoir où vous voulez, bordel de merde. 3. Si le Pathé Wepler persiste à vous prendre pour un dindon, renoncez au Pathé Wepler.